Trudeau compte parler des pensionnats autochtones avec le Pape

Publié le 16 décembre 2015

Le premier ministre Justin Trudeau a rencontré pendant plus de deux heures, mercredi matin, les chefs de cinq grandes organisations autochtones, Dwight Dorey, Dawn Lavell Harvard, Clement Chartier, Perry Bellegarde et Natan Obed.

©La Presse Canadienne

OTTAWA. Le premier ministre Justin Trudeau a admis, mercredi, qu’il ne pouvait pas obliger le pape François à présenter des excuses pour le rôle joué par l’Église catholique dans le scandale des pensionnats pour jeunes Autochtones au Canada. Mais contrairement à son prédécesseur à Ottawa, il «souhaite ardemment» aborder le sujet avec le pontife.

M. Trudeau a rencontré pendant plus de deux heures, mercredi matin, les chefs de cinq grandes organisations autochtones, au lendemain de la publication du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada sur le douloureux héritage laissé par ces pensionnats fédéraux, dont 60% étaient dirigés par des prêtres catholiques.

Dans un rapport préliminaire déposé en juin dernier, la commission, présidée par le juge Murray Sinclair, avait soumis 94 «appels à l’action» pour favoriser la réconciliation entre les Premières Nations et le gouvernement canadien. Les excuses officielles du chef de l’Église catholique aux survivants faisaient partie de ces recommandations, que les libéraux se sont engagés à mettre en œuvre en totalité.

Les conservateurs, qui avaient présenté les excuses officielles du gouvernement canadien en 2008, s’étaient abstenus de commenter le rapport préliminaire en juin dernier, préférant attendre le rapport final.

En point de presse mercredi, à Ottawa, M. Trudeau, flanqué de cinq chefs autochtones nationaux (photo), n’a pas voulu susciter des espoirs trop grands. «Je ne prétendrai pas qu’il est de ma responsabilité d’ordonner à un autre gouvernement ou à toute autre organisation ce qu’ils doivent faire. Mais je souhaite ardemment un engagement constructif là où on discutera de cette question, parce que très franchement, plusieurs organisations, à différents niveaux, doivent reconnaître le rôle qu’elles ont joué dans ce terrible chapitre de l’histoire canadienne.»

Financé par le gouvernement fédéral, le programme de pensionnats pour autochtones a été créé dans les années 1840, avant la naissance de la fédération, et il a disparu avec la fermeture du dernier établissement en 1996. Au terme de six ans de travaux, la Commission Sinclair a conclu que les pensionnats constituaient la pièce maîtresse d’une politique de «génocide culturel» conçue pour «tuer l’Indien dans chaque enfant», un drame pour lequel le pape ne s’est toujours pas officiellement excusé.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde a indiqué qu’il militerait toujours pour obtenir les excuses officielles du chef de l’Église catholique, «la seule Église qui ne l’ait pas encore fait», a-t-il déploré.

La Presse Canadienne

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©La Presse Canadienne


OTTAWA. Le premier ministre Justin Trudeau a admis, mercredi, qu’il ne pouvait pas obliger le pape François à présenter des excuses pour le rôle joué par l’Église catholique dans le scandale des pensionnats pour jeunes Autochtones au Canada. Mais contrairement à son prédécesseur à Ottawa, il «souhaite ardemment» aborder le sujet avec le pontife.

M. Trudeau a rencontré pendant plus de deux heures, mercredi matin, les chefs de cinq grandes organisations autochtones, au lendemain de la publication du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada sur le douloureux héritage laissé par ces pensionnats fédéraux, dont 60% étaient dirigés par des prêtres catholiques.

Dans un rapport préliminaire déposé en juin dernier, la commission, présidée par le juge Murray Sinclair, avait soumis 94 «appels à l’action» pour favoriser la réconciliation entre les Premières Nations et le gouvernement canadien. Les excuses officielles du chef de l’Église catholique aux survivants faisaient partie de ces recommandations, que les libéraux se sont engagés à mettre en œuvre en totalité.

Les conservateurs, qui avaient présenté les excuses officielles du gouvernement canadien en 2008, s’étaient abstenus de commenter le rapport préliminaire en juin dernier, préférant attendre le rapport final.

En point de presse mercredi, à Ottawa, M. Trudeau, flanqué de cinq chefs autochtones nationaux (photo), n’a pas voulu susciter des espoirs trop grands. «Je ne prétendrai pas qu’il est de ma responsabilité d’ordonner à un autre gouvernement ou à toute autre organisation ce qu’ils doivent faire. Mais je souhaite ardemment un engagement constructif là où on discutera de cette question, parce que très franchement, plusieurs organisations, à différents niveaux, doivent reconnaître le rôle qu’elles ont joué dans ce terrible chapitre de l’histoire canadienne.»

Financé par le gouvernement fédéral, le programme de pensionnats pour autochtones a été créé dans les années 1840, avant la naissance de la fédération, et il a disparu avec la fermeture du dernier établissement en 1996. Au terme de six ans de travaux, la Commission Sinclair a conclu que les pensionnats constituaient la pièce maîtresse d’une politique de «génocide culturel» conçue pour «tuer l’Indien dans chaque enfant», un drame pour lequel le pape ne s’est toujours pas officiellement excusé.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde a indiqué qu’il militerait toujours pour obtenir les excuses officielles du chef de l’Église catholique, «la seule Église qui ne l’ait pas encore fait», a-t-il déploré.

La Presse Canadienne