Inquiétude autour des quotas d’importation de fromages

Inquiétude autour des quotas d’importation de fromages

Les producteurs laitiers ne cachent pas leurs craintes quant à l’accord de libre-échange avec les pays d’Europe.

Crédit photo : Courtoisie

Les producteurs laitiers de la région sont inquiets, depuis l’annonce de la répartition des quotas d’importation des fromages européens, annoncée il y a quelques jours par le gouvernement fédéral.

« L’entente de libre-échange n’est pas une bonne nouvelle. En un an pour la MRC de Rouville, on calcule des pertes de 12 000 $ par ferme par année », se désole le président des producteurs de lait de la Montérégie-Est, Yvon Boucher.

Près de 17 000 tonnes de fromage devraient être importées d’Europe, selon les estimations du ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne. L’accord de libre-échange Canada-Union européenne devrait entrer en vigueur le 21 septembre.

Les producteurs risquent ainsi de produire moins de fromages, et d’affecter au passage les producteurs laitiers.

« Quand l’entente sera à terme, c’est toute la production de la région du Lac St-Jean qu’on perd, c’est 2 % de notre marché au Québec d’ici cinq ans », calcule M. Boucher.

« Au Québec, doublement touché, puisqu’il y a beaucoup de petits fromagers qui se sont lancés en affaires et ça va les frapper de plein fouet. On vient les compétitionner de façon très déloyale », regrette le citoyen de Saint-Césaire.

Mesures compensatoires

Le gouvernement fédéral a annoncé également la mise sur pied d’un programme de compensation pour aider l’industrie canadienne. Des sommes de 250 M$ sont prévues à cet effet, pour la modernisation des fermes au pays.

« On s’attendait à beaucoup plus des programmes de compensation », reproche M. Boucher.
Selon les Producteurs de lait du Québec, les pertes pour l’industrie laitière et fromagère sont évaluées à 300 M$.
12 000 $

Ce sont les pertes estimées par ferme de la MRC de Rouville par année avec cette entente.

« Je n’aime pas le principe des compensations, car nous passons pour des gens qui vivent de l’argent des contribuables, mentionne le copropriétaire de la ferme Myosotis de Marieville, Olivier Ostiguy. Je demande seulement de pouvoir vivre de mon entreprise et de pouvoir continuer à produire des aliments de qualité sur ma ferme. »

« J’espère que le consommateur finira par comprendre qu’il se doit d’acheter des produits d’ici, car c’est la seule façon de retourner l’argent directement ici », ajoute-t-il.

Autres ententes

Les conclusions de l’entente de libre-échange n’encouragent pas les producteurs, qui attendent les négociations de l’ALÉNA avec les États-Unis. Après avoir manifesté pour protéger la gestion de l’offre au cours des derniers mois, les agriculteurs sont toujours bien inquiets.

Le député de Belœil-Chambly, Matthew Dubé, partage ces inquiétudes, dans le contexte d’incertitude qui plane autour de la négociation de l’entente de libre-échange nord-américain.

« Cette incertitude décourage la relève à assurer une pérennité dans les communautés, croit le néo-démocrate. Nous allons faire des compensations notre cheval de bataille pour que les producteurs obtiennent leur juste part et nous allons surveiller à ce que le gouvernement reste droit pour protéger la gestion de l’offre. »