Incursion dans les coulisses de la police

Incursion dans les coulisses de la police

Le sergent Pierre Tremblay a fait visiter les dessous de la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent.

Crédit photo : Annabelle Baillargeon

Le milieu de la police fascine bien des téléspectateurs, qui raffolent des séries comme 19-2, District 31 et CSI. Le Journal de Chambly a pu démêler la réalité de la fiction, dans le cadre d’une visite au sergent Pierre Tremblay, dans les coulisses de la Régie intermunicipale de police Richelieu–Saint-Laurent (RIPRSL).

Au poste de Belœil, deux sergents administratifs accueillent les citoyens, qui se présenteraient pour déposer une plainte ou pour venir donner des informations. « Ils sont tout juste en dessous de Dieu », plaisante le porte-parole de la Régie, en expliquant que ce sont également ces deux personnes qui valident si les rapports produits sont conformes.

Le 333, de la rue Hertel a l’allure d’une vraie fourmilière, où l’équipe des sergents et des patrouilleurs, des agents à la circulation et des policiers sociocommunautaires se suivent pour remplir les rapports, répondre aux appels et prendre leur matériel pour leur quart de travail.

Après avoir enfilé l’uniforme, les policiers se réunissent en salle de réunion, ils seront alors informés des suspects recherchés et auront droit à un résumé de la criminalité pour en suivre l’évolution.

S’ils conduisent habituellement la même voiture, ils doivent passer à la salle d’équipement pour prendre les radars de vitesse, les appareils pour tester l’alcoolémie, des billets, leur radio ou l’équipement pour le sauvetage nautique.

Au passage du Journal, deux agents achevaient un rapport, dans la pièce à côté. « Les policiers qui patrouillent dans le coin de Chambly se rendent au poste de Carignan. Ils transportent leur bureau dans leur voiture, mais ils ont des endroits pour remplir les papiers », explique le sergent Tremblay.

Première ligne

Au deuxième étage, le téléphone ne dérougit pas. L’équipe de réception de la ligne de la police et du 911 répond aux différents appels d’urgence, notamment pour la police et les incendies. Depuis quelque temps, un service de texto est disponible pour les personnes malentendantes. Les usagers doivent préalablement s’inscrire et les téléphonistes peuvent engendrer une conversation par texto en cas de besoin.

« Quand t’es petit, tu veux être comme Spider-Man, avoir un 6e sens pour venir en aide aux autres. Je n’ai pas de costume, mais je réponds à des appels et j’aide les gens. »
– Pierre Tremblay

Le service ne chôme pas, lui qui a répondu à 130 561 appels en 2016. Parmi ceux-ci, 47 116 provenaient de la ligne 911, tandis que 83 445 étaient de la ligne administrative. Au total, les employés répondent à près de 10 900 appels par mois.

Durant cette année, les agents ont créé 55 000 cartes d’appel, dont 72 % représentaient un cas pour les policiers.

Enquête

Le service de l’identité judiciaire est basé au poste de Sainte-Julie. Cette équipe est responsable de recueillir les preuves que les patrouilleurs ne peuvent effectuer. Ils amassent notamment les vidéos, l’audio, les photos, l’extraction des appels 911, l’ADN, les empreintes, les traces de pas, d’outils ou de pneus et les plaques de véhicules. Comme dans les films, les policiers analysent les empreintes digitales pour distinguer un suspect.

Dans la salle tout juste à côté, l’équipe d’enquêteurs travaille sur leurs dossiers. « Tu commences patrouilleur, puis tu passes les examens. Pour devenir enquêteur, c’est un choix », mentionne Pierre Tremblay.

De l’autre côté de la salle, le service de renseignements et d’analyses peut leur donner un coup de main. « Ça nous permet de ne plus travailler en vase clos. On peut suivre un suspect dans différentes villes, d’établir ses patterns. Quand on l’arrête, on sait qu’il a commis d’autres crimes ailleurs. Le service de liaison est notre pierre angulaire », ajoute le porte-parole de la RIPRSL.

Sur la route

S’ils ont bien des ressources disponibles pour remplir leurs tâches, la relation entre les coéquipiers est indispensable, selon le sergent. « C’est important de se parler pour ventiler après chaque intervention. Souvent quand on se rend vers un cas, on peut se préparer à l’intervention avec les informations que l’on a », souligne-t-il. Une fois arrivés sur les lieux, les policiers peuvent ajuster le tir en fonction du portrait de la situation.

« Dans les gros événements, le debriefing se fait quand l’émotionnel est là, mais dans le quotidien, il se fait de façon informelle avec son partner », ajoute-t-il.

La RIPRSL met aussi à la disposition de ses employés un service de soutien psychologique.

À quelques semaines de la retraite, Pierre Tremblay est toujours passionné par son emploi. « J’ai le plus beau métier du monde. Quand t’es petit, tu veux être comme Spider-Man, avoir un 6e sens pour venir en aide aux autres. Je n’ai pas de costume, mais je réponds à des appels et j’aide les gens. Le retour du citoyen, c’est la chose la plus valorisante », lance-t-il, les yeux brillants.