Eau potable et hydrocarbure: les villes en mode protection

Eau potable et hydrocarbure: les villes en mode protection

La plupart des villes de la région demandent une distance minimale de 2 kilomètres entre les sources d’eau potable et les puits des gazières.

Presque toutes les villes situées sur le territoire du Journal de Chambly ont emboîté le pas pour adopter le projet de règlement municipal afin de mieux protéger les sources d’eau potable des installations des sociétés gazières.

Cette démarche s’inscrit quelques mois avant la révision du règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP) par Québec.

Un comité de pilotage, formé de maires et de mairesses, réclame une dérogation au RPEP. Ainsi, ce règlement demande au ministère de l’Environnement d’imposer une distance séparatrice de deux kilomètres minimale entre les sources d’eau potable et les puits gaziers.

Le règlement provincial adopté en 2014 prévoit plutôt une distance de 500 mètres.

Dans les environs

Un citoyen de Sainte-Julie, André Péloquin est parti à la rencontre des élus de plusieurs municipalités de la région pour qu’ils se joignent au mouvement.

« Cette démarche se veut avant tout une action concrète pour protéger nos sources d’eau potable en précisant haut et fort au ministre de l’Environnement, David Heurtel que le RPEP ne rencontre pas nos exigences, a mentionné M. Péloquin. L’important est que les distances séparatrices offrent une réelle protection face à l’exploitation des hydrocarbures sur le territoire du Québec. »

« Les municipalités n’ont d’autres choix que de s’unir toutes autour d’un même projet afin d’établir le rapport de force nécessaire pour arriver à faire changer les choses », a-t-il résumé.

Chambly, Carignan, Saint-Mathias-sur-Richelieu, Marieville, Sainte-Angèle-de-Monnoir, Rougemont et Saint-Césaire ont répondu favorablement à l’appel du comité de pilotage.

« On se joint au mouvement collectif pour tous être en harmonie et éviter d’être mis devant un fait accompli », a déclaré le maire de Chambly, Denis Lavoie.

« Des mesures préventives et des normes plus contraignantes sont dans notre ligne de mire », a renchéri la directrice générale de Saint-Césaire, Isabelle François.

Le député de Chambly, Jean-François Roberge, partage cette position. « Il n’est pas question de forer pour du gaz de schiste pour explorer ou exploiter dans des zones densément peuplées comme dans le comté », s’est engagé le caquiste. Il soutient également que son parti s’est déjà opposé à la distance de 500 mètres, jugeant qu’elle est trop peu élevée.

Abstention

Richelieu et Saint-Basile-le-Grand ont décliné cette invitation du comité de pilotage.

« Il y a une loi en vigueur que l’on doit respecter, mais il demeure que la Ville de Richelieu n’est pas en faveur des hydrocarbures. Le conseil a déjà pris une position ferme à ce sujet lorsqu’il était au cœur de l’actualité il y a quelques années », a spécifié le maire de Richelieu, Jacques Ladouceur.

Au moment de mettre sous presse, le Journal de Chambly n’était pas parvenu à joindre la Ville de Saint-Basile.

Le 8 juin, 230 municipalités déposaient leur règlement et ont demandé au ministre de l’Environnement, David Heurtel, de leur accorder une dérogation afin de protéger adéquatement leurs sources d’eau potable.

Les villes de la région joignent leurs voix à ce mouvement dans une deuxième phase.