La La Land : beau voyage au pays de l'amour

Sortie cinéma


Publié le 1 février 2017

La saison des galas qui a mis Pour l'amour d'Hollywood sur la liste des préférés aux Golden Globes, aux Oscars et aux Screen Actors Guild Awards a donné un second souffle au film de Damien Chazelle.

Étoiles **** Isabelle Laramée

Mieux vaut tard que jamais en ce qui concerne ce chef d'œuvre cinématographique. Tout, autant dans la forme que dans son contenu, dégage la beauté et l'esprit qui a animé l'âge d'or du 7e art. Couplé à l'esthétisme visuel, un univers sonore dynamise le récit de deux artistes qui incarnent l'amour dans ce qu'il a de plus fort.

La corrélation entre la fiction et la réalité du monde d'Hollywood est plausible. Si nous assistons à un visuel magnifié, le récit en est un plus près de la réalité dans cette ville où convergent des milliers de rêveurs en soif de gloire. Seuls quelques élus y parviendront au prix parfois de leur vie privée ou de leurs valeurs idéologiques.

La La Land, c'est la mise en fiction d'une réalité idolâtrée par le reste du monde, mais qui cache son lot de privations. Car pour avoir ce qu'on chérit profondément, il faut parfois laisser bien des choses derrière.

Récit

On suit le parcours de Mia (Emma Stone) qui souhaite devenir actrice. La jeune comédienne qui travaille dans un café au cœur d'un studio de production ne vit toutefois pas le conte de fées auquel elle avait rêvé, enchaînant plutôt les auditions infructueuses.

Elle fera la rencontre de Sebastian, un pianiste qui tente de percer dans les domaines plus underground, de la musique jazz dans l'espoir d'ouvrir un jour son cabaret. Leurs chemins se recroiseront inévitablement, si bien que l'amour s'installera dans leur cœur par un beau soir dans le confort du cinéma d'époque.

La carrière jusqu'ici infructueuse s'ouvrira vers de nouveaux horizons pour Sebastian qui connaîtra la gloire au sein d'un groupe de jazz fusion contemporain. Enchaînant les tournées, le musicien est contraint de choisir entre suivre sa voie ou rester chez lui près de celle qu'il aime.

Chimie

Damien Chazelle n'aurait pu trouver mieux pour incarner l'amour que ces deux acteurs de talent. Ryan Gosling et Emma Stone naviguent entre les chorégraphies, les dialogues et les chansons avec une telle agilité qu'on se laisse porter tout simplement.

La chimie entre ces deux êtres est palpable et on croit en cet amour naissant. À ce chapitre, la scénographie des parties axées sur la comédie musicale appuie cet aspect ludique dans lequel triomphe le sentiment amoureux.

Le réalisateur et scénariste arrive à certains moments à nous faire ressentir cet engouement et cette légèreté de l'être qui obnubile les nouveaux amoureux. Si on avait cru en l'amour dans  Le Moulin Rouge, La La Land nous fait carrément vivre cet amour par le truchement de la caméra.

Mention spéciale à Ryan Gosling qui, après des pratiques quotidiennes de deux heures par jour, six jours par semaine, a été capable de jouer les morceaux de piano sans les habituelles doublures de mains. Cette habileté permet au réalisateur de filmer sans plan coupé entre le visage et les mains de l’acteur. D'un beau réalisme.

Esthétisme

L'esthétisme presque sans faille de la direction photo (Linus Sandgren), du décor et des costumes confère au spectateur une expérience ludique d'exception.

Filmé à l'ancienne selon les codes qui ont magnifié Gene Kelly et fait valser Mary Poppins, La La Land dévoile un univers dans lequel se juxtaposent le présent et le passé. En ressort un espace-temps décalé qui ouvre la porte au récit intemporel.

Ce n'est pas anodin que leur premier film visionné ensemble soit en noir et blanc, que les références à Casablanca soient présentes et que Sebastian se promène dans un véhicule qui date d'il y a des décennies. Chose certaine Pour l'amour d'Hollywood s'inscrira certainement dans le temps.

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