Une enseigne de chantier qui vaut environ 200$

Mario Wilson web@tc.tc
Publié le 7 août 2016

Cette enseigne de chantier a une valeur d'environ 200$. Il est difficile d'en trouver.

©Mario Wilson

Je vous présente ici une enseigne de chantier (installée sur le terrain d’un immeuble en construction) constituée d’une publicité d’un grand fabricant et du nom de l’installateur.

Ce genre d’enseigne étant évidemment d’une très grande rareté, il ne sera pas difficile d’en établir une haute valeur marchande.

Cette enseigne de conception très rudimentaire pourrait nous laisser croire que Ferdinand Jobin, installateur d’appareils sanitaires (toilettes, lavabos, etc.) aurait commandé cette affiche pour son propre compte publicitaire sur les lieux de construction. Mais force est d’admettre que le nom de la compagnie CRANE, écrit en si grosses lettres, laisse entendre que les dirigeants de l’entreprise ont pris part à l’idée, certainement après avoir cru que ce genre de publicité pouvait rapporter une certaine notoriété à leur industrie.

Très rare

Puisque l’enseigne porte une inscription en français, ainsi que le fait que la compagnie Crane s’installa à Saint-Jean en 1920 après la prise de possession d’une autre usine déjà installée ici même, on peut prétendre que cette plaque orange et noir daterait de quelques années après la fin du deuxième conflit mondial, soit vers 1955.

Il ne s’agit donc pas d’une antiquité québécoise à forte valeur patrimoniale, mais simplement d’un objet très rare, rappelant notre histoire locale, maillon du très recherché domaine de la publicité ancienne.

Quel beau défi pour celui qui tentera d’identifier ce entrepreneur. On devine qu’il était plombier et que la compagnie Crane fabriquait également des articles pour l’installation d'un chauffage central.

Informations

D’après les informations d’un entrepreneur de Saint-Jean qui pratiquait durant les années 60, Bernard Dussault (entrepreneur spécialisé en céramique de salles de bain et autres), la compagnie Crane ne fabriquait pas chez nous ces articles de chauffage central.

Par contre, Eusèbe et Adélard Berger travaillaient régulièrement avec toute la panoplie de produits de tuyauterie Crane, probablement fabriqués aux États-Unis.

On comprendra que Ferdinand Jobin, entrepreneur spécialisé, pouvait tout aussi bien pratiquer son métier près de chez nous, dans le coin de Drummondville ou même dans la région du Bas Saint-Laurent.

Comme une découverte intéressante n’arrive que très rarement seule, je suis convaincu qu’on me renseignera bientôt sur les origines de ce plombier.

Valeur

Payée seulement 70$ lors d’un encan d’antiquités, il est évident qu’une évaluation de la valeur marchande se rapprochant des 200$ serait plus appropriée. Cette enseigne qui pourra faire partie d’une éventuelle exposition sur l’histoire de la Crane à Saint-Jean est encore une fois une toute petite partie de l’histoire de l’industrie de la construction québécoise, domaine bien peu exploité par nos chercheurs d’ici.

La très grande sobriété de cette enseigne nous fait bien comprendre que seuls les noms de la compagnie et du entrepreneur comportaient un message à retenir. Les logos de compagnies apparurent un peu plus tard, souvent avec l’arrivée de la télévision.

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