Collectionneurs: on attend la relève

Sur la route des antiquaires

Mario Wilson web@tc.tc
Publié le 10 juillet 2016

Les amateurs de cartes postales étaient peu nombreux à la réunion annuelle de l'Association des cartophiles.

©Mario Wilson

Après être passé à la réunion annuelle des cartophiles (amateurs de cartes postales) du 4 juin dernier au Collège Brébeuf de Montréal, force est de constater que la relève n’y était pas (voir la photo de cette chronique).

J’ai bien discuté du problème (car, c’en est un d’importance!), nous avons fait le tour, mes interlocuteurs et moi, de toutes ces associations dont la moyenne d’âge des participants se rapproche dangereusement des cent ans!

À l’Association des cartophiles du Québec, les jeunes amateurs ne sont pas légion. En effet, les réunions de l’association laissent bien voir que nous n’avons pas encore réussi à attirer une jeune génération vers les bienfaits de la collection des cartes postales anciennes ou modernes, principalement la revalorisation de notre histoire.

Valeur du verre

Le problème en est un de taille chez les collectionneurs de verre carnaval, parmi les membres de cette association de passionnés de ce fabuleux verre du tout début du vingtième siècle.

Et c’est justement une des raisons majeures de la baisse observée de la valeur marchande de cette catégorie d’antiquités nord-américaines. De nombreux livres traitant des différentes compagnies ayant produit ces pièces de verre, des dizaines de motifs, si intéressants et significatifs de l’histoire des États-Unis et les couleurs si fortes et variées produites par ces verriers à l’imagination sans borne, furent publiés.

Il n’est pas rare de trouver des pièces de cette catégorie de verre ancien se détaillant à plusieurs centaines de dollars. La stagnation actuelle du marché contrecarre actuellement les auteurs à récidiver en publiant des mises à jour de leur ouvrage, notamment concernant les prix de vente. Ces mises à jour se répétaient annuellement, jadis, lorsque le marché demeurait très actif.

Céramique

Il en va de même pour les collectionneurs de céramique du Québec. Seule une dizaine d’artistes trouvent encore preneurs lors des encans réguliers de l’association dont, évidemment, Jean Cartier, Marcel Choquette, les céramistes de la Maîtrise d’Arts de Chambly, Maurice Savoie, Pierre Legault, J.-J. Spénard et Louis Parent.

De grands céramistes québécois, pour la plupart de l’École du meuble de Montréal, les collectionneurs achètent l’originalité et l’histoire de la céramique de chez nous. Le cercle des connaisseurs est trop restreint et ne se développe pas. Les prochaines années en seront de recherches sur cette problématique, de développements à tout prix.

N’y a-t-il pas, en effet, un certain risque de chute dans l’oubli guettant des années de développement dans les connaissances de cet art du feu qui fut si prospère à Saint-Jean-sur-Richelieu et partout ailleurs en province?

La génération qui achète actuellement des meubles et des objets décoratifs anciens (!) recherche les meubles en teck scandinave des années 1960. Et viennent avec ça les tableaux, céramiques et tutti quanti de ces années-là.

On comprend que, pour une personne née en 1980, tout ce qui date d’avant cette époque peut créer un certain attrait. Mais pourquoi diable, nous, de la génération de l’après-guerre (aux environs de 1950), préfère-t-on les meubles d’un demi-siècle avant notre naissance?

Il y a là une différence notable entre la jeune génération et notre catégorie de collectionneurs du double de leur âge. Il y a 25 ans, j’évaluais les collections de ceux qui désiraient une assurance pour leurs biens anciens. Aujourd’hui, ce sont ceux qui se retrouvent avec la succession qui me demandent de faire un état de la valeur marchande de leurs biens nouvellement acquis par testament.

À l’époque, j’examinais des antiquités pour en faire reconnaître la valeur, aujourd’hui, pour en connaître le prix de revente. Autre temps, autres mœurs!