À la tête de la Ville par passion

À la tête de la Ville par passion

Jocelyne G. Deswarte, mairesse de Saint-Mathias-sur-Richelieu.

Crédit photo : Frédéric Khalkhal

Saint-Mathias-sur-Richelieu. Dans le cadre de nos rencontres avec les mairesses et les maires des villes où le Journal de Chambly est distribué, nous avions rendez-vous avec Jocelyne G. Deswarte, mairesse de Saint-Mathias-sur-Richelieu.

En arrivant à l’hôtel de ville récemment rénové de Saint-Mathias-sur-Richelieu, il est facile d’établir les priorités de la municipalité. « La rivière des Hurons – Comment pouvons-nous agir ? », un document de l’Union des producteurs agricoles sur la qualité de l’eau et d’autres documents sur des causes environnementales trônent sur la table à l’accueil.

« Je suis pour la préservation de l’environnement. Je siège au COVABAR et au CRE Montérégie. Dans nos milieux il est indispensable de travailler pour la symbiose du monde urbain et rural. Il ne faut plus que les enfants dessinent dans nos écoles des barquettes de viande pour expliquer d’où viennent les poulets. »

Avec un ton très calme, mais toujours déterminé, la mairesse nous a parlé de ses origines citadines qui ont été attirées par le monde de la campagne jusqu’à épouser un agriculteur avant de s’établir à Saint-Mathias-sur-Richelieu en 1987.

Devenir mairesse n’était pas dans ses plans et pourtant, en novembre 2017 elle a brigué et remporté un deuxième mandat consécutif à la tête de sa ville.

« Je faisais beaucoup de bénévolat et en 2005, on est venu me chercher et je me suis présentée à un premier mandat pour être conseillère. » Elle restera à ce poste jusqu’en 2013 où elle obtient plus du double de voix que son opposant au poste de mairesse de Saint-Mathias-sur-Richelieu. C’est encore la victoire qui lui a souri en novembre 2017 pour un deuxième mandat à la tête de la Ville avec 56 % des votes.

« Ce que je fais me plaît. C’est une passion, je ne serais pas là sinon. Je ne ferais rien que je n’aime pas. »

Et pourtant son premier mandat n’a pas été de tout repos. Poursuite judiciaire contre un citoyen, démissions de conseillers et attaques personnelles ont teinté ses quatre années à la barre de la Municipalité.

Réalisations et projets

L’objectif dans ce nouveau mandat de la mairesse est d’injecter à sa population « de la joie et du bonheur ». Elle veut cibler ses priorités vers les jeunes et les gens âgés. « Ce qui est plaisant, c’est que tout le conseil municipal est avec moi. On se consulte et on avance ensemble. »

L’une des premières décisions prises depuis novembre 2017 a été l’achat par la municipalité du parc Wilson « pour le préserver », indique Mme G. Deswarte. L’investissement de 550 000 $ de la municipalité proposera aux citoyens un endroit voué à devenir le lieu central de rassemblement à Saint-Mathias-sur-Richelieu. « Il n’y aura pas d’investissement d’argent pour des jeux dans ce parc. Nous mettrons des tables de pique-nique pour manger au bord de l’eau. » La mairesse semble avoir une idée de ce qu’elle compte proposer à ses conseillers de faire à cet emplacement, mais elle n’a pas voulu aller plus loin dans l’explication.

Réfection de trottoirs, parc à chiens, remplacement de véhicules municipaux, amélioration de la bibliothèque, la réfection du centre optimiste, proposition de concours pour l’environnement sont quelques réalisations de la mairesse qui souhaite encore pendant son deuxième mandat « offrir beaucoup de choses aux enfants. Un moment, la municipalité leur a offert des chocolats. On m’a alors accusé d’acheter les électeurs », affirme celle qui ne compte pas être freinée dans sa démarche.

Le 25 août prochain aura lieu la Fête des citoyens, un événement qui tient particulièrement à cœur la mairesse qui en est à l’origine.

C’est dans ce même état d’esprit qu’elle proposera trois dates estivales pour la tenue d’un marché public les 30 juin, 22 juillet et 5 août. « C’était une promesse électorale. »

Dans les quatre prochaines années, la première magistrate de la ville s’attaquera aussi au problème de surverse qui frappe Saint-Mathias-sur-Richelieu comme toutes les municipalités sur le bord de la rivière Richelieu. « Il y a eu aussi beaucoup de travail de fait pour arranger les rues délaissées dans le noyau villageois et nous continuerons. »

Projet cyclable ?

La ville de Saint-Mathias-sur-Richelieu est coupée du réseau régional cyclable par le seul fait que le pont traversant la rivière Huron est trop étroit. « Tout s’arrête là. Il faut travailler pour arranger cette situation et il faut faire tout ça en quatre ans. »

Et pour y arriver, la mairesse donne ses coordonnées à tous les citoyens. « Je veux être accessible. Il n’y a pas de filtre. Les gens ont mon cellulaire et on me téléphone souvent à n’importe quel moment. Il faut être à l’écoute des gens. Je suis là pour aider la population. »

La mairesse semble prendre du plaisir à occuper sa fonction. Les commentaires déplaisants sur sa personne ou sur ses actions ne semblent pas la dévier de ses objectifs et de son plaisir à diriger la Ville. Sans le dire ouvertement, il est même possible qu’elle songe à changer le visage de sa ville même après son mandat de quatre ans. « Ça passe vraiment vite 8 ans. Je ne peux pas aller plus vite que le vent », conclut-elle.